Je suis candidat à la présidence de l’UDI – Interview au Figaro

LE FIGARO.- Pourquoi vous présentez-vous à la présidence de l’UDI ?

Hervé MORIN.- L’éclatement de la famille centriste nous avait réduits à l’état de poussières. Par son talent, Jean-Louis Borloo est parvenu à réunir tout le monde dans une maison commune en nous redonnant une densité et un avenir. Il faut poursuivre ce travail, car nous vivons une période critique pour la France. Comme le dit Edgar Morin, «nous avançons en somnambules vers la catastrophe». La Ve République est à bout de souffle: les institutions et la politique n’ont jamais fait l’objet d’un tel niveau de défiance ; sur les grands sujets économiques et sociaux – éducation, formation, réduction de la dépense publique, refonte de la gouvernance, fiscalité, assouplissement du droit du travail -, nous nous sommes contentés d’inventer de nouvelles normes au lieu de produire de la réforme. Nous sommes en panne depuis quinze ans, prisonniers d’une alternance entre une UMP et un PS qui se sont succédé et ont échoué en accaparant tous les pouvoirs. Les Français doivent savoir que l’alternative n’est pas à chercher du côté du FN mais grâce à la constitution d’une vaste majorité d’idées dont le centre serait le pivot.

Pourquoi rejetez-vous la proposition d’une alliance au sein de l’UMP telle que la proposent Alain Juppé ou François Fillon?

Mais parce qu’elle n’a aucun sens! Depuis sa création en 2002, l’UMP n’a jamais eu que des dirigeants issus du RPR. Et quand on dresse la liste de ceux qui veulent prendre la suite aujourd’hui, on ne trouve – comme par hasard – que d’anciens RPR. L’UMP n’est plus aujourd’hui qu’une addition d’écuries présidentielles qui ne partagent aucun projet commun pour la France sinon celui de prendre le pouvoir. Pourquoi voudriez-vous que nous plongions dans ce marigot? Nous avons besoin d’un parti de droite républicain, allié à un centre fort qu’incarne l’UDI.

Comment envisagez-vous l’avenir de vos relations avec le MoDem?

En aucun cas, il ne doit y avoir une fusion de l’UDI et du MoDem. Si je suis élu président de l’UDI, je reprendrai l’esprit de l’accord signé entre Jean-Louis Borloo et François Bayrou il y a un an en privilégiant une approche par le fond. C’est par la définition d’un grand projet de gouvernement que le centre avancera. Les invitations que je lance ne s’arrêtent d’ailleurs pas à nos amis du MoDem mais s’adressent également aux écologistes désespérés ou aux centristes de l’UMP. Quand nous serons d’accord sur le fond, tout le reste deviendra évident.

Souhaitez-vous qu’il y ait, quoi qu’il arrive, un candidat centriste en 2017?

Notre devoir est de tout faire pour être en capacité de présenter un candidat à la présidentielle. Mais notre responsabilité est de ne pas faire n’importe quoi. Trois critères seront décisifs. Avoir un projet bien établi, un candidat qui suscite l’adhésion des Français et puisse gagner la présidentielle et surtout s’assurer que cette candidature ne conduise pas l’opposition à être éliminée du second tour. Quoi qu’il arrive, nous apprécierons la situation politique le moment venu et les militants trancheront. Ma priorité est que nous représentions un courant d’opinion suffisamment fort pour qu’aucune majorité au Parlement ne soit possible sans nous et que nous puissions ainsi peser sur les grands arbitrages du prochain quinquennat. C’est pour cette raison qu’il est essentiel qu’autour du président de l’UDI se construisent une équipe et un collectif. Toute aventure personnelle serait mortifère. Je proposerai une équipe profondément renouvelée, rajeunie, féminisée, qui nous permettra de porter ce nouveau souffle dont notre pays a tant besoin.

Quel rôle souhaitez-vous que Jean-Louis Borloo joue auprès des centristes à l’avenir?

Jean-Louis conserve une autorité et une affection considérables dans notre maison. Et je devine qu’en 2016, il prendra une place importante dans le débat d’idées à la veille de la présidentielle.

 

Conseil national de l’UDI – Discours d’Hervé Morin

 

Script du discours :

Seul le prononcé fait foi

Mes chers amis,

Pour rédiger mon discours, je cherchais dans notre histoire, récente et moins récente si nous avions déjà été confrontés à une situation semblable : un abîme de morosité et de pessimisme dans une société qui a perdu ses repères et sa confiance et enfin la tentation de la régression nationale.

1992-1993 par exemple, la fin des années Mitterrand, la déliquescence du parti socialiste dans les affaires Pelat/Tapie, le gang des Safranes, des ministres qui ne pouvaient plus sortir de leurs ministères pour aller en province de peur de se faire chahuter, une économie atone. Beaucoup de similitudes donc mais avec une différence de taille. L’opposition était en état de marche. Le RPR et l’UDF étaient là pour assurer l’alternance.

Alors remontons un peu plus loin dans notre histoire politique : 1958. Oui une vraie crise de régime, l’hallali d’une IVème République à l’agonie. L’impuissance de l’Etat et des institutions bancales emportées par la décolonisation. Comme aujourd’hui aussi des finances en mauvais état. Mais là aussi il y avait une différence de taille avec ce que nous vivons aujourd’hui. On avait la croissance, et une croissance à 5% : On avait le plein emploi ! On avait les trente glorieuses ! On construisait l’Europe autour des idées centristes ! On avait des projets plein les cartons qui ont été souvent à tort attribués à la Vème.

Non, vous voyez notre référence pour cette tension démocratique, économique et morale autant que sociale, je dirais c’est plutôt 1934, les affaires avec Stavisky et consorts, les ligues d’extrême-droite qui défilent la canne-épée à la main, la montée des nationalismes, le chômage, la démocratie aux abonnés absents, et la République qui vacille.

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Hervé Morin : « Il faut personnifier l’UDI » – Le Dauphiné

Entre un pouvoir socialiste affaibli et une UMP qui se déchire, avec un Front national en forte dynamique, y a-t-il de la place pour les centristes ?

Dans une construction démocratique usée jusqu’à la corde, où le PS et l’UMP se renvoient la balle en permanence, la France a besoin d’une alternative. Nous vivons une triple crise : démocratique avec le rejet des politiques, économique avec un chômage au plus haut, et morale. Qui peut croire que ça va durer comme ça encore trois ans ? Le Parlement est un théâtre d’ombres, l’élection présidentielle produit de la démagogie à haute dose. Il faut corriger le système politique ! Après avoir déjà mis en place notre programme économique, nous travaillons à notre plateforme territoriale. On est en train de changer de monde. Il faut des politiques nouvelles. C’est l’enjeu de ce conseil national.

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